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Zizyphus spina-christi (Jujubier)
(JUJUBIER SAUVAGE) Les propriétés médicinales que le monde arabe attribue au miel de Zizyphus sont
nombreuses : Il nettoie et cicatrise les blessures, Il soulage les brûlures et régénère les cellules, Il soigne le foie, Il est autorisé pour les diabétiques, … Mais, de toutes ces
propriétés, il en existe une qui supplante toutes les autres, qui lui donne toute sa valeur commerciale et que l’on ne divulgue qu’aux initiés : le miel de Zizyphus spina christi est
recherché pour ses effets aphrodisiaques.
Nous vous invitons a lire ces quelques lignes, tirees d une enquete faite par des passionnes du miel : A LA RECHERCHE DU MIEL LE PLUS CHER DU MONDE
A - LE YEMEN
L’apiculture est omniprésente dans le pays. Des hautes montagnes du Nord-Ouest jusqu’au désert d’Arabie au centre, et on se demande vraiment comment des colonies peuvent survivrent au
milieu des dunes de sable ?
Si l’on retrouve des ruches régulièrement dans chaque hameau et dans chaque village, une population importante d’apiculteurs, conduisant de 100 à 400 colonies, existe. Ils vivent,
mangent et dorment à côté de leur cheptel, un peu comme des bergers, en fonction des saisons. La base de la structure sociale est la famille élargie, aussi, on trouve toujours quelqu’un
auprès des ruches. Cette proximité de vie entre ces hommes et l’abeille, fait des yéménites des apiculteurs débrouillards et observateurs. Enfin, ce peuple de la Péninsule Arabe, fier et
hospitalier, nous a consacré du temps, nous ouvrant autant de ruches que l’on souhaitait, nous invitant souvent à partager leur repas.
Le fait que nous nous intéressions à leur métier d’apiculteur les a touché. Une reconnaissance et une compréhension se sont effectuées, au-delà des notions de race ou de religion, car
nous partagions la même passion.
B - LES ABEILLES : « Apis yemenitica »
Dans toute la péninsule arabique on retrouve la même race d’abeille, « l’Apis yemenitica ». Il s’agit d’une petite abeille, de couleur jaune, extrêmement douce, ne piquant pratiquement
pas. Sa caractéristique fondamentale semble être sa taille. En effet, lorsqu’on lui donne à bâtir une feuille de cire gaufrée aux dimensions standards en occident (soit 780 cellules
d’ouvrières au dm2), l’abeille du Yémen élève des mâles dans les alvéoles prévues pour recevoir des ouvrières.
Globalement, la période d’activité correspond au cycle des saisons de pluies. De mi-décembre à mi-mars, la sécheresse s’installe, les abeilles ralentissent tout travail. Puis, à partir
de mi-mars, les différents types d’acacia commencent à fleurir. Les essaimages naturels se situent de fin avril à début mai. Au cours de l’été, les abeilles vont visiter diverses plantes,
notamment les labiées, dont la flore du Yémen est riche. Enfin, à partir du mois de novembre, commence la floraison du jujubier (« Zizyphus spina christi »), et ceci jusqu’à mi-décembre ; sa
floraison dure 40 jours.
Le facteur limitant la production de miel est la sécheresse. Aussi, les rendements par ruche et par an se situent entre 2 à 5 Kg. Des pics de production correspondent aux floraisons
d’acacia et, en fin de saison, au Zizyphus.
D - LES RUCHES
Il existe différents types de ruches, mais rares sont les modèles que l’on retrouve selon les normes internationales. Du fait du climat yéménite, le standard le
plus adapté est la ruche modèle Langstroth. Ses utilisations se comptent sur les doigts de la main. Mr Mohammed Abdel Karim Al Moukafi, probablement l’apiculteur le plus important de la
capitale « Sanaa », travaille en « Langstroth », avec, pour chaque ruche, un système de glissière afin de réduire l’entrée, ne laissant que trois à quatre centimètres d’ouverture, et ceci
afin de se prévenir du pillage, fréquent en saison sèche. Mais les apiculteurs équipés ainsi sont rarissimes. Pour les autres, les ruches « classiques » se déclinent en plusieurs modèles mais
selon un même principe : pas de cadre mobile, une forme longitudinale, entre 1,50m et 2m pour une section de 15 et 20cm de côté. On retrouve ce principe avec plusieurs variables :
- les casiers en bois de pin qui possèdent une entrée frontale, avec un verrou individuel. Sur la porte avant, une petite ouverture triangulaire permet aux abeilles de sortir ; la forme
allongée et la section carrée de ces ruches permet des empilements parfois impressionnants pouvant atteindre des centaines de colonies. Pour la récolte de miel, on récupère les cadres de cire
qui sont ensuite pressés. Ce modèle est le plus courant.
- on trouve ensuite les modèles allongés et ronds, 20cm de diamètre, en terre cuite. Les ruches sont disposées individuellement, sur des supports faits de fer à béton ayant une forme en
M.
L’entrée des abeilles se fait par un goulot plus étroit rappelant le bec verseur d’une amphore. Sur le côté opposé de
cette petite entrée, à l’arrière du « tuyau », il n’y a pas de fond. Se présente donc une ouverture de tout le diamètre qui est bouchée soit avec du bois, soit avec une mousse au revêtement plus
dense, côté soleil. Ces mousses sont fabriquées spécialement à cette fin. C’est par ce côté large que s’effectuent les travaux d’apiculture. En fait, ce type de ruche est destiné à la production
de galettes rondes de miel en rayon. Elles sont vendues dans des boîtes en métal et sont d’un diamètre identique à celui des ruches en terre cuite. Ce produit est très apprécié par le
consommateur qui y trouve une garantie dans l’origine du miel. Afin d’obtenir des rayons de cire ayant une forme circulaire bien droite et occupant tout le diamètre de la ruche, les apiculteurs
interposent entre chaque rayon de cire des baguettes de bois disposées en forme de croix. « Les intercalaires » incitent les abeilles à construire un autre rayon de cire, bien droit et parallèle
au précédant.
Ces ruches en terre cuite sont toutes recouvertes de couvertures, de cartons ou de toiles de jute afin de se prémunir du soleil.
Pour obtenir ce produit très recherché, les galettes de miel en rayon, il nous a été présenté le dernier né : un modèle de ruches rondes issu de l’imagination des apiculteurs du terrain. Il
s’agit d’un tuyau en P.V.C de 20cm de diamètre ! L’intérieur de ce tuyau est doublé d’un isorel fixé au rivet « pop ». Cet isorel ne recouvre pas tout le diamètre interne du tuyau. Un écart de
3cm est laissé en bas de ce dernier. Il a pour fonction de canaliser l’écoulement de miel lors des récoltes de cadres de cire afin d’éviter aux abeilles d’être trop engluées ! ! Pour fermer les
extrémités on retrouve là aussi les bouchons en mousse spéciale.
Les autres modèles de ruches que nous avons trouvé sont moins fréquents, car certainement, actuellement dépassés. Il s’agit de troncs d’arbres évidés, en bois de Zizyphus, disposés
horizontalement, ou encore, de ruches tressées avec des roseaux que l’on enduit d’un mélange terre et bouse de vache. Les ruches tressées, aux mêmes dimensions que les autres, ont elles aussi la
forme de troncs évidés.

F- LE MARCHE DU MIEL, LA CLIENTELE ARABE
Dans les grandes villes au Yémen, on trouve des boutiques vendant du miel à tous les coins de rue. Elles sont toutes bien mises en valeur, avec une décoration cossue, signifiant aux clients potentiels qu’ils trouveront, à l’intérieur, des produits de luxe. D’ailleurs, ces boutiques associent parfois la vente du miel avec d’autres produits de haute gamme, tels que les parfums.
C’est donc dans un décor de lambris verni et de miroirs clinquants que s’effectue ce commerce.
Le miel conditionné dans les galons, est vendu au poids. Les galettes de miel en rayon de cire, produit à grande valeur ajoutée, est vendu dans des boîtes hermétiques métalliques de 20cm de
diamètre.
Mais, ce qui confère au miel toute sa valeur, c’est l’approche du consommateur avec ce produit, bien différente que celle que l’on trouve en occident.
Au Yémen, le miel est surtout acheté pour ses propriétés médicinales, on le consomme peu comme sucre, d’ailleurs, on ne le trouve que rarement dans la cuisine yéménite, tout au plus dans quelques
desserts. A part cela, le miel est utilisé comme panacée pour soigner les maux de ventre, les coliques, les intestins, le foie, les brûlures et les blessures. Ce sont des vertus qui donnent aux
miels leurs vraies valeurs. Et, leurs prix varient donc en fonction des réputations médicinales qui leur sont attribuées. A noter qu’il existe, en amont de cela, une classification de genre, dans
la tête des consommateurs yéménites. Pour eux, il y a deux types de miel, selon qu’il soit issu de fleurs sauvages ou de plantes cultivées. Dans le premier cas, la valeur commerciale du miel sera
importante car on lui attribuera des propriétés médicinales. Par contre, les miels issus de plantes cultivées sont supposés ne pas contenir de vertus soignantes. Ils sont donc consommés comme
sucre et ont un prix similaire à ce que l’on retrouve en France, de 4euros à 6 euros le kilo. Il s’agit des miels d’importation provenant des Etats Unis et d’Australie.
Bien heureusement, pour les apiculteurs du Yémen, ce sont leurs produits qui bénéficient de la meilleure réputation.
Toutes les couches de la société achètent du miel. Les riches le mangent pour être en bonne santé et par gourmandise, les pauvres l’achètent pour se soigner. On se procure donc du miel en
fonction de ce que l’on veut guérir. Par exemple, le miel de « Soufra » (acacia à petites fleurs blanches), est vendu pour ses propriétés emménagogues. C’est un miel « chaud » idéal pour les
femmes après l’accouchement. On peut aussi l’associer à d’autres produits qui donneront, finalement, d’autres vertus : 250 gr des miel de « Soumar » +3 cuillerées de pollen+2 cuillerées de
graines de nigelle, c’est une potion prescrite pour soigner la toux.
A chaque
miel correspond une nosologie précise, et, par conséquent, une valeur marchande. Et, on retrouve en tête de cette liste, un miel dont la réputation est telle, au Yémen, que bien souvent les
apiculteurs déclarent en produire. Il s’agit du miel de Zizyphus spina-christi. Il est vendu au Yémen entre 45 et 60 euros le kilo (300 à 400Frs) et est revendu en Arabie Saoudite à 150euros le
kilo (1000 Frs).
G -
LE MIEL LE PLUS CHER DU MONDE EST LE ZIZIPHUS SPINA-CHRISTI (JUJUBIER SAUVAGE)
Sisyphus spina-christi (L.) Willd. Jujubier sauvage, jujubier épine du Christ, ulb,
arj, sidr, bouar, helb, ssêdr …
Arbre (ou arbuste, jusqu’à 12m de haut) épineux, du Moyen et Proche Orient, des zones sèches (Sahara, Sahel) de l’Afrique (cultivé en Afrique orientale).
Les jeunes branches sont blanches, les feuilles sont pubescentes à la face inférieure, vertes des deux côtés, elliptiques et obtuses. Elles mesurent 4,5cm de long sur 2cm de large. Le sommet du
limbe est mucroné et les marges finement dentées. Les fleurs sont vertes blanchâtres et réunies en cime plus ou moins fournies.
Les fruits de forme sphérique (1cm), passent en mûrissant du vert à l’orange puis au rouge foncé brun. Ce sont des drupes peu charnues, le noyau renferme en général deux amandes. La floraison a
lieu essentiellement à la saison des pluies estivales.
Le jujubier sauvage est répandu dans tout le Yémen à l’exception de la frange côtière, des sables de l’Est, et des montagnes au-dessus de 2500 m. Il est commun presque partout mais est plus
particulièrement abondant autour des cultures et dans les plaines alluviales cultivées. C’est le plus utilisé de tous les arbres dans l’économie traditionnelle yéménite. Son bois a une grande
valeur pour la fabrication de poutres et une bonne réputation de durabilité. Ses branches feuillées sont une réserve de nourriture pour les chèvres et les dromadaires durant la saison sèche. Les
branches mortes sont largement utilisées sous le nom de « ZERB » pour faire des clôtures épineuses et les fruits sont parfois vendus sur le marché ou aux bords des routes. Ils sont consommés
principalement par les enfants. Les amandes sont également vendues pour leurs propriétés médicinales.
La région de production du miel de Zizyphus se situe au Centre Ouest du pays, dans le secteur de l’Hadramout.
Il s’agit d’une région majestueuse que l’on trouve à environ 175Kms au nord de la ville côtière d’Al Moukalla.
Pour l’atteindre, on traverse un long désert constitué d’un plateau rocheux plat et très aride que les yéménites appellent le « Dôle. Ce paysage lunaire devient monotone quand, subitement, une
grande vallée verte se déploie sous nos pieds, à 100m en contre bas d’une falaise abrupte. Le contraste est saisissant. Ce canyon est appelé « Wadi ». Il en existe ainsi tout un réseau qui se
ramifie, avec, au milieu de chacun, un cour d’eau. Ces « Wadis » forment une longue oasis où se succèdent des zones de culture constituées de sorgho, de dattier, de luzerne, …, et des villages où
s’imbriquent de hautes maisons de terre, typiques de la région.
C’est le milieu idéal pour l’épanouissement du Zizyphus qui atteint parfois des tailles considérables. Dans tout le réseau des Wadis de la région de l’Hadramout, le miel de Zizyphus tient une
place majeure dans l’économie locale. Les ruchers sont partout.
Et, la meilleure réputation de qualité du miel du jujubier provient du « Wadi Dowan » autour de la ville de Sîf. En effet, là-bas, la vallée n’est pas suffisamment large pour contenir des
cultures importantes, aussi, seuls les Zizyphus produisent du miel au moment de la floraison.
Les propriétés médicinales que le monde arabe attribue au miel de Zizyphus sont nombreuses :
- il nettoie et cicatrise les blessures,
- il soulage les brûlures et régénère les cellules,
- il soigne le foie,
- il est autorisé pour les diabétiques, …
Mais, de toutes ces propriétés, il en existe une qui supplante toutes les autres, qui lui donne toute sa valeur commerciale et que l’on ne divulgue qu’aux initiés : le miel de Zizyphus spina christi est recherché pour ses effets aphrodisiaques ! Et l’on comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi les hommes ne regardent pas le prix...
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